Le 3 octobre 2017, le groupe citoyen « Les tronches vertes », lié à la locale Ecolo de Marchin, organisait une soirée de questionnement sur la sécurité du nucléaire : « Fissurer les certitudes ». Près de soixante marchinois s’étaient déplacés.
La salle : Quand des réacteurs nucléaires sont à l’arrêt, en ressentons-nous les effet ? Pourquoi n’observons-nous aucune fluctuation sur nos factures ? Serait-ce parce que la Belgique achète de l’électricité à nos pays voisins pour compenser le manque de production ?
Jean-Marc Nollet : Il y a une fluctuation mais, en fonction du type de contrat à long terme, ce ne sont pas les citoyens qui le ressentent (le plus). Parce qu’il n’y a pas de politique réellement ambitieuse dans les économies d’énergie et la production renouvelable. Dans ces moments, nous n’avons pas d’autres possibilités que d’acheter à l’étranger, au prix du marché (lequel, par définition, est variable).
LS : Est-ce raisonnable de laisser à des opérateurs privés le soin de déterminer la façon dont on doit produire de l’énergie ?
J-M N : Le politique doit dresser un cadre et, selon moi, interdire, au plus vite, la production par le nucléaire. Une fois ce cadre dressé, les différents acteurs et opérateurs doivent développer leurs projets.
LS : Quelle est la pertinence de la nationalisation du secteur nucléaire ?
J-M N : Pour moi, l’enjeu est davantage celui de la fermeture que celui de la nationalisation. Il s’agit aussi de faire attention à ce que ce ne soit pas l’État qui se retrouve avec l’énorme facture de la gestion des déchets et du démantèlement, alors que l’acteur privé serait parti avec les bénéfices engrangés pendant les quarante années de fonctionnement…
LS : En cas d’accident nucléaire, qui paie, qui indemnise ? Quelles assurances ?
J-M N : Le secteur du nucléaire est le seul secteur qui doit être assuré pour à peine 1% des dégâts, en cas de catastrophe ! Le reste, c’est l’État, en d’autres termes, ce sont les citoyens qui devront le payer….
LS : Concrètement, à quoi servent les sommes versées aux communes qui ont signé la convention financière avec Electrabel ? Est-ce un simple dédommagement ? Cet argent-là ne devrait-il pas contribuer à l’amélioration de la sécurité, en cas de catastrophe nucléaire (information du citoyen / commission scientifique et statistique / mise à jour des plans d’évacuation, en cas de catastrophe) ? Existe-t-il un suivi quant à l’utilisation de ces sommes allant jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros, selon les communes ?
J-M N : Cet argent pourrait, en effet, parfaitement servir à ce que vous proposez. Le suivi est effectué via le vote (et le contrôle) du budget communal de la commune concernée.
LS : Pourquoi ne propose-t-on pas de tester, en réel, les plans d’évacuation ? Est-ce gérable, utile, nécessaire ?
J-M N : Je le revendique depuis très longtemps. Mais le ministre de l’intérieur refuse, de peur que les gens ne prennent conscience de la réalité…
LS : Si la Belgique sort du nucléaire en 2025, quand commencera-t-on le démantèlement ?
J-M N : Le démantèlement est censé commencer dans les années qui suivent. Mais cela prendra des dizaines d’années…

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