Social : Un chemin de plus en plus court entre l’ONEm et le CPAS ?

Publié le samedi 13 septembre 2014

On en parle beaucoup depuis quelques temps, mais qu’en est-il de cette recrudescence de personnes sans emploi qui vont se retrouver dès 2015, sans allocations de chômage ?

Pour les jeunes, les plus de 55 ans, les personnes handicapées, les intérimaires, les chômeurs de longue durée, une «  activation » plus importante est mise en place, c’est-à-dire plus de contrôles, plus de sanctions et, en principe, plus d’accompagnement et de soutien. Nous constatons que, dans la réalité quotidienne des chômeurs, l’aspect répressif est bien plus important. Il est censé être un incitant à la recherche d’emploi ! Il occasionne surtout plus de stress et des difficultés financières qui vont bien vite entrainer le demandeur d’emploi dans une spirale négative.

Au 1er janvier 2015, ce sera la fin des allocations d’insertion pour un nombre important de chômeurs (entre 30.000 et 100.000 selon les sources) parce qu’ils auront dépassé le délai fixé pour trouver du travail. Quelle autre alternative, pour la plupart d’entre eux, que de se tourner vers le CPAS et la crainte, bien réelle, pour ce dernier de ne pouvoir assurer ses missions. La crise économique de ces dernières années bien concrète et présente au quotidien pour un certain nombre de personnes déjà précarisées a provoqué des demandes supplémentaires vers le CPAS.

Comment celui-ci va-t-il répondre à la crise « exclusion du chômage » de 2015 ? Les travailleurs sociaux sont en première ligne, sur le terrain, avec toutes leurs compétences, leur courage et leur écoute des personnes en difficultés.

Malheureusement, compte tenu du nombre de ces travailleurs, des budgets alloués à l’aide sociale, mais aussi de la volonté et de la politique à plus long terme des Conseils de l’action sociale, il faut bien reconnaître que cette dynamique de travail ressemble plus à une politique de « pansements » qu’à une politique de « guérison ».

Il nous semble nécessaire de mettre l’accent de manière plus importante sur la prévention, sur l’accompagnement et le soutien. Bien sûr, il faut le reconnaître, des initiatives visant la réinsertion sociale ou professionnelle existent, mais elles devraient être développées. Si les chômeurs ne trouvent pas de travail, c’est aussi parce qu’il n’y a pas assez d’offres d’emploi. En créer devient une obligation urgente de tous les niveaux de pouvoirs. Mais en attendant, force est de réagir aux difficultés rencontrées au jour le jour par un nombre croissant de personnes.

Le revenu d’intégration sociale (RIS) est un droit, il est probablement aussi une base indispensable pour croire en l’avenir et pour garder une image positive de soi. Il faut trouver les moyens, financiers mais aussi et surtout humains, pour mettre en place une politique de réinsertion sociale et professionnelle sous forme d’accompagnement personnalisé, de soutien, de formations. Il y a une réflexion à faire au sein du Conseil de l’action sociale quant à la politique à mettre en place.

Le regard sur les demandeurs d’emploi est souvent négatif. « Ce sont des paresseux, des profiteurs, ils n’ont pas envie de travailler et, quand ils travaillent, c’est en noir ! » Bref, ce sont des « parias de la société » et en plus « ce sont les contribuables qui les paient. » C’est vrai, il y en a qui ressemblent à ce cliché ! C’est vrai aussi qu’il y en a beaucoup d’autres qui souhaitent de tout coeur avoir un emploi et qui ne trouvent pas, soit parce qu’il n’y en a pas pour tous, soit parce qu’ils ne sont pas assez qualifiés, soit encore parce qu’ils ne savent pas comment s’y prendre, où chercher, parce qu’ils ne sont pas accompagnés.

Arrêtons de stigmatiser les chômeurs et posons-nous la question de savoir comment, au niveau collectif comme au niveau individuel, nous pourrions les aider et par là même aider la collectivité.

Mettons la solidarité dans nos valeurs à vivre en sachant que nous en aurons toujours un retour. La solidarité, c’est WIN-WIN, je donne, je reçois, je gagne, tu gagnes !

André Struys




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