Climat : Agir ici aussi !

Ce mois de décembre, Paris accueille la COP 21, une nouvelle réunion des grands décideurs politiques du monde entier pour se pencher sur l’avenir du climat. Doit-on s’attendre à une nouvelle grand-messe sans effets concrets ? Cette réunion est présentée comme celle de la dernière chance. Alors, ne lâchons rien !

Publié le mercredi 13 janvier 2016

L’été 2015 aura encore dépassé tous les records : le plus chaud depuis que l’on a inventé les mesures de météorologie ! Le dernier rapport du GIEC [1] nous dépeint un avenir peu réjouissant. En effet, une élévation moyenne de la température de 4°c entraînerait l’inondation de villes côtières, la hausse des taux de malnutrition, la désertification accrue des régions arides, l’aggravation de la pénurie d’eau, l’augmentation de la fréquence des cyclones tropicaux ainsi que la perte irréversible de la biodiversité.

Des impacts du quotidien

L’humanité n’a jamais consommé autant d’énergie. Cette énergie nous sert à nous déplacer, à nous chauffer et à nous éclairer, certes. Mais elle est aussi massivement utilisée dans l’industrie, dans l’agriculture intensive ou dans l’économie numérique... Nos pommes du Chili, nos engrais chimiques, nos innombrables objets en plastique, notre GSM, nos couches-culottes, nos pesticides, nos ordinateurs, nos médicaments, notre eau potable, nos routes, nos vélos, nos connexions à internet, nos climatiseurs, nos courses automobiles... tous nécessitent une immense quantité d’énergie.

Utiliser ces biens et ces services du quotidien revient littéralement à brûler une énergie considérable ! Une grande proportion de cette énergie est dite « fossile », elle est directement sortie de terre : le pétrole, le charbon et le gaz naturel. Consommés, ces derniers constituent l’une des principales causes du fameux « effet de serre » qui détraque tant le climat de notre planète.

La solution est-elle de remplacer toute notre consommation d’énergie fossile par de l’énergie renouvelable ? Bien sûr, développer les énergies du soleil, du vent et de l’eau est une nécessité absolue. Mais elles ne suffiront jamais à remplacer l’ensemble de notre consommation énergétique actuelle. Quant au nucléaire, il pose de lourdes questions de sécurité de production, d’approvisionnement en combustible, de gestion des déchets dangereux sur plusieurs millénaires...

Et dans un contexte où 9 milliards d’êtres humains habiteront bientôt la planète, où 25% de la population mondiale consomme 75% des ressources planétaires, où les populations des pays les plus pauvres aspirent légitimement à plus de confort, où le terrorisme est largement financé par l’argent du pétrole, une seule solution s’impose : économiser l’énergie, consommer moins !

Actions individuelles et mesures politiques indispensables

Alors, bien sûr, chacun d’entre nous peut agir, et la liste des petits et des grands écogestes est inépuisable : consommer bio et local, réfléchir à nos besoins, éviter la voiture pour certains trajets, économiser l’eau, manger de saison, baisser le thermostat d’un degré l’hiver, cultiver sans pesticides, éviter le gaspillage...

Un mode de vie monastique marqué par les privations et les frustrations quotidiennes ? Pas forcément ! Ceux qui ont entrepris cette réflexion profonde dans leur vie témoignent d’une vraie joie à retrouver les choses simples, à renoncer à la frénétique course au plaisir jetable, à s’éloigner du stress de devoir gagner plus pour dépenser plus, à réaliser soi-même ... Ils sont fiers d’œuvrer pour un monde plus convivial. Des changements positifs qui s’opèrent, petit à petit, en chacun de nous !

Mais ces actions individuelles ne seront que des gouttes d’eau si des mesures politiques courageuses ne sont pas prises ; c’est l’enjeu de cette COP 21. Tous les niveaux de pouvoirs (international, national, régional, local) sont concernés : réforme de la Politique agricole commune (PAC) vers une agriculture moins énergivore et plus respectueuse de la biodiversité, réforme des règles de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) permettant de privilégier les échanges locaux, soutien pour l’accès à la terre pour l’agriculture paysanne, refus du TTIP (Voir article Motion contre les négociations transatlantiques) pour sauvegarder les réglementations sociales et environnementales, développement des transports collectifs...

A Marchin, des mesures plus ambitieuses ?

En juin dernier, le Conseil communal a approuvé la candidature de la commune (via le GAL Pays des Condruses) à la campagne Pollec. Cette mesure vise à engager les territoires dans des économies d’énergie [2]. Il va de soi que les conseillers Ecolo ont voté pour cette proposition ! Mais il nous semble que Marchin pourrait aller bien plus loin encore !

Marchin pourrait :

  • s’inscrire dans le Réseau des territoires à énergie positive [3] : s’engager pour qu’à terme, le territoire de Marchin produise plus d’énergie qu’il n’en consomme ;
  • mettre en œuvre une politique d’éducation relative à l’environnement plus ambitieuse ;
  • donner plus de moyens au service environnement ;
  • planifier l’isolation thermique des bâtiments communaux ;
  • revoir le plan local d’urbanisme (PLU) vers une plus grande efficacité énergétique ;
  • accorder une prime à l’achat de vélo à assistance électrique ;
  • valoriser les démarches écologiques dans toutes les manifestations locales…

Jean-Philippe Robinet




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[1] GIEC : Groupe Intergouvernemental d’Experts sur le Climat

[2] http://www.apere.org/pollec

[3] http://www.tepos.be