À propos du projet d’implantation d’une usine de biométhanisation dans le bois de Sandron

Publié le lundi 12 septembre 2016

Oui, nous soutenons les engagements de réduction des gaz à effet de serre et de développement du renouvelable de 20% d’ici à 2020.
Oui, nous sommes convaincus qu’il nous faut rapidement trouver des solutions locales pour produire de l’énergie verte et pourquoi pas en valorisant les résidus agricoles.
Oui, dès qu’il nous est possible de le faire, nous rappelons à la majorité en place ses responsabilités en matière d’exploration des potentiels du territoire.
Mais pas à n’importe quel prix et pas sans les citoyens marchinois ! Ce n’est pas parce qu’on est Ecolo, qu’on est pour la biométhanisation à tout prix !

Ce jeudi 1er septembre, nous étions quelques-uns, conseillers et membres de la locale Ecolo à nous rendre à la réunion d’information organisée par le collège puisque, à ce jour, nous n’avions pas été informés de ce projet ni en conseil ni dans aucune instance communale officielle !
La plupart d’entre nous l’ont appris par des citoyens, au mieux curieux, la plupart du temps, inquiets ou en colère.
Nous nous sommes donc rendus à cette réunion avec l’objectif d’en savoir plus sur ce projet. Nous n’y sommes pas parvenus. La séance a mal tourné et pour cause, nous y avons entendu des riverains excédés par un manque de communication flagrant ! En la matière, le Collège a fait un peu plus que ce que le cadre légal impose. Il aurait pu faire moins… Mais il aurait pu faire beaucoup plus. Sans doute l’ampleur de la réaction des riverains n’avait pas été anticipée. Que cela serve de leçon !

Notons que, si nous comprenons et partageons certaines réactions, nous nous désolidarisons des propos et attitudes irrespectueux à l’égard des orateurs de cette réunion.

Plusieurs éléments pointés par des riverains renseignés retiennent cependant notre attention et mériteraient d’être approfondis :

  • Le charroi tout d’abord, point faible du projet : Les nuisances annoncées en termes de bruit et d’odeur ont-elles été correctement évaluées ? A-t-on prévu l’impact financier occasionné par la réfection de la voie d’accès ? Une seule route est imaginée pour le transport des véhicules lourds, ce n’est pas adapté. Ne devrait-on pas envisager d’autres solutions, en ce compris le choix d’une autre implantation ?
  • Concernant la sécurité : départ de feu, explosion ou rejet toxique de sulfure d’hydrogène H2S, risques pathogènes, contamination des eaux… les inquiétudes sont légitimes. On peut comprendre la peur des riverains et parents des écoles voisines ! Le risque est peut-être minime, mais le danger semble important : probabilité d’accident faible [1] mais forts impacts d’un éventuel accident aussi proche de zones d’habitation. Mais cette émotion ne doit pas nous faire oublier le fait que des projets tels que celui-ci sont repris dans des classifications qui imposent des normes de sécurité très précises. Pour nous les riverains devraient être associé à la vérification du suivi de ces normes.
  • Nous souhaitons que la création d’une coopérative citoyenne pour éviter le monopole des promoteurs soit plus qu’étudiée mais garantie.
  • Le plan de secteur est-il respecté quand, dans cette zone classée en zone de services publics et d’équipements communautaires, les activités lucratives sont explicitement exclues ?

D’autre part, si on considère le projet dans sa globalité, nous questionnons son caractère réellement écologique. En effet, si des intrants provenant de l’élevage intensif sont utilisés, alors il s’inscrit dans une filière largement non durable parce que très énergivore et à fort impact environnemental. Si du maïs est employé comme matière première, cela entraine une concurrence avec des filières alimentaires et fragilise la souveraineté alimentaire de nos territoires.

Il est absolument nécessaire de réduire la production de gaz à effet de serre et le risque nucléaire. Cette aspiration devra certes passer par une réorientation de la production énergétique vers des filières renouvelables, mais devra impliquer une forte réduction de notre consommation individuelle et collective. Des choix de société devront être fait, ils pourraient nous engager vers l’abandon de certaines activités à haute consommation énergétique… Ces évolutions ne pourront se faire sans la population !

Prévenus du projet si tardivement, dans un contexte de rentrée scolaire bien chargé, à la date de la réunion du Conseil communal, nous n’avons pas réussi à nous libérer pour consulter un dossier si lourd qu’il ne peut nous être fournit par voie électronique. Nous irons donc chercher les informations utiles pour nous forger un avis sur ce projet et engageons la majorité à reprendre ce dossier sereinement avec les riverains qui le souhaitent.

[1] Dans un rapport en 2010 « Biogas Basisdaten Deutschland10 », l’association « Fachagentur Nachwachsende Rohstoffe » (Agence pour les ressources renouvelables) annonce tout de même une probabilité d’occurrence de 1,2 incidents par 10kWel / an… Source : Retour d’expérience relatif aux procédés de méthanisation et à leurs exploitations - pp. 40. Ineris, 2012.