À propos du budget communal 2014

Publié le samedi 13 septembre 2014

À lire les chiffres du budget nous ressentons un grand malaise. Nous sommes solidaires avec le Collège pour dénoncer le climat d’austérité dans lequel les communes doivent évoluer. Le contexte de crise économique et financière doit être assumé ici, alors même que les décisions structurelles n’ont pas été prises « plus haut ».

Il est certain que la crise que traversent les finances communales est largement aggravée par certains éléments indépendants de la volonté communale (Service régional d’incendie, Arcelor-Mittal, zone de police, etc.) Mais ces facteurs expliquent-ils à eux seuls la situation d’aujourd’hui ? Nous ne le pensons pas.

Pendant longtemps notre commune a été reconnue pour son dynamisme et sa pro-activité à mettre en œuvre des projets ambitieux. C’est à mettre au crédit de la majorité actuelle. Cependant il semble que, par imprudence ou par manque de planification et de prospective sur le moyen et le long terme, elle n’ait pas vu venir les grandes difficultés dans lesquelles se trouvent aujourd’hui les finances communales… 3 années consécutives de déficit !

Le Collège nous l’a dit en commission budget, c’est un budget vérité et le 1/3 boni est largement dépassé [1]. Nous aurions dû passer sous-plan de gestion. Mais, rebondissement, le délai de réaction de la tutelle a été dépassé [2] et la commune a obtenu de la Région wallonne une aide exceptionnelle justifiée par la fermeture d’entreprise sur son territoire (Arcelor). Le montant de cette aide s’élève à 1.129.795 € ventilés sur 5 ans. Notre commune est contrainte de revenir à l’équilibre au plus tard en 2019 et de se doter… d’un plan de gestion !

Déjà l’an dernier, nous avons voté contre le budget car nous n’y avons pas trouvé de projection à 5-6 ans, un tableau de bord, une vision durable notamment dans les domaines des travaux, de l’énergie et de l’isolation des bâtiments. À présent il semblerait qu’elle y soit contrainte.

Quelques mesures d’économie et des dépenses inconsidérées

On nous informe de mesures déjà réalisées pour redresser les finances et faire des économies : suppression des photocopies couleurs, suppression d’agents complémentaires pour les plaines d’été, création de centrales d’achats avec la Province (sel de déneigement, papier, électricité), achat commun de matériel avec d’autres communes… C’est à encourager ! Mais que penser du non remplacement d’agents communaux pour les congés maternités, les maladies, les départs en pension ?

Nous sommes opposés à la compression de la masse salariale, qu’elle vienne de licenciements ou de non-remplacements d’agents. Car, au-delà de la casse sociale pour les personnes concernées, elle entrainera une pression sur les agents restant, réduira la qualité des services rendus aux marchinois et mettra en péril la cohésion sociale.

Comment approuver ces autres dépenses :

  • 100 000 € pour faire la promotion du projet de chauffage durable du collectif 13, à la Résidence Senones. Beau projet mais est-ce bien le moment ?
  • 16 000 € pour l’agrandissement de l’atelier décor de l’asbl Devenirs sur le site de Grand-Marchin. Beau projet mais est-ce bien le moment ?
  • 72 000 € pour l’aménagement d’un local de répétition aux forges pour les artistes régionaux. Beau projet mais est-ce bien le moment ?
  • 52 000 € pour l’acquisition d’une grue. Surement bien utile, mais est-ce bien le moment ?
  • 70 000 € non prévus (et donc non provisionnés) pour couvrir les frais de 10 ans de charges pour un pavillon de l’Athénée…

Vous avez compris : nous avons voté contre le budget 2014.

Jean-Philippe Robinet




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[1] La Région wallonne a instauré ce que l’on appelle la « règle du tiers boni » : Les communes ne peuvent présenter un budget dont le déficit à l’exercice propre dépasse le tiers du "bas de laine" de la commune (le "boni cumulé des exercices antérieurs"). Si cette règle n’est pas respectée, le CRAC (Centre Régional d’Aide aux Communes) impose un plan d’assainissement drastique qui supprime toute autonomie du pouvoir communal.

[2] Les budgets communaux sont soumis à une tutelle spéciale d’approbation qui a 30 jours pour se prononcer à partir de la réception des pièces.